|
|
Mar 1, 2006
Dans la lettre à Ménécée, Epicure écrit: " celui de tous les maux qui nous donne le plus d'horreur, la mort n'est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n'est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus" et le philosophe de conclure: "donc la mort n'existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu'elle n'a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus". Logique imparable? Voir.Vivants, nous pouvons oublier la mort-et c'est ce que nous faisons le plus souvent, ce qui rend la vie supportable-mais il suffit que nous y pensions pour que la mort lève son épée au dessus de nous, mettant tout sous le signe de la précarité, et bornant inéluctablement notre temps. La conscience de la mort introduit son existence, même abstraite.Cette conscience met un voile de tristesse car ce corps qui est mien, que je force à la course, que je plonge dans les vagues est promis à la dissolution, mes yeux ne verront plus le givre de janvier, mon nez ne sentira plus les primevères des fossés printaniers, mes oreilles n'entendront plus les marées de juillet courir sur le sable et mes papilles ne goûteront plus les marrons grillés de la Toussaint. Quant à la mort de mes proches, sa simple évocation, parce que sa réalisation est de l'ordre du probable me remplit parfois, comme cette nuit dernière, de panique. Aussi je ne suis pas bien sûr que la mort ne soit pas d'une certaine manière chez les vivants. Quant aux morts qui ne sont plus, ma foi me dit autre chose... Sado Maso Masochisme Sadisme Bisexuels Fétichisme
Posted at 11:26 am by pulcellino
|
|
|